La régie ne vaut rien - Théâtre

 

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  Ambre Saint Pierre a écrit ceci sur le mur FB des Editions Flammes d'âme.

 

 

Ambre a écrit : « Je "sors" de "La régie ne vaut rien", de Liza Lo Bartolo Bardin. Je dis, je sors, car Liza nous a soudainement emportés dans un autre monde, une écriture qu'elle n'a pas l'habitude de pratiquer, et qui lui va d'ailleurs fort bien. Liza dévoile son caractère enjoué, malicieux, elle s'abandonne. Elle s'abandonne parce qu'elle décrit un univers qui lui colle à la peau, un amour qu'on ne saurait oublier : le Théâtre. Mais malgré cette première, car c'en est une, le lecteur reconnaît aisément le style net, spontané de l'écrivain. Liza Bardin est un auteur intelligent, qui sait toujours adapter son écriture au genre qu'elle aborde. Ici, elle ose, "se lâche", et cela fait vraiment du bien de la voir s'épancher ainsi, mais c'est aussi pour notre plus grand plaisir. Un très bon moment. »

Un extrait :

 

Un fond de scène rouge

 

 

 

Une régie complète invisible

 

 

 

 

 

Deux actrices.

 

Une jeune GERALDINE et une SAMANTHA moins jeune.

 

 

 

GERALDINE, fébrile, n’arrête pas de  bouger.

 

SAMANTHA est beaucoup plus calme, plus sereine.

 

 

 

3ème personnage, invisible

 

La Régie (Ray, le régisseur)

 

 

 

 

 

 

 

Extrait :

 

Début de la première scène

 

 

 

 

 

Une scène de théâtre. Un rideau de fond de scène qui ne cesse de bouger.

 

On devine une certaine fébrilité  derrière.

 

 

 

 

 

 

 

GERALDINE

 

 

 

(Surgissant de derrière le rideau d'où elle espionne le public depuis un bon moment)

 

 

 

Magne-toi SAMANTHA ! Le public est là ! Il nous attend ! Pourquoi faut-il que tu sois toujours en retard ?

 

Mais qu'est-ce tu fous ?

 

 

 

SAMANTHA

 

 

 

(Elle entre calmement)

 

 

 

Calme-toi donc, tu es excitée comme une puce ! Evidemment que le public est déjà là ! On ne va quand même pas entrer en scène avant l'arrivée du public…  Quoique... ça m'est déjà arrivé, mais j'étais cachée dans un élément du décor, carrément un cercueil, si… Je te raconterai… plus tard...! Je vais t'apprendre l'art de se faire désirer,  moi … Débutante, va ! Mais bon… En place ! Régie ! Lumière !

 

 

 

 (La poursuite l'illumine –

 

Elle s'éclaircit la voix et prenant tout son temps…)

 

 

 

Hum Hum ! Tu racontes n'importe quoi…Voyons…

 

 

 

GERALDINE

 

 

 

C'est toi qui racontes n'importe quoi.

 

 

 

SAMANTHA

 

 

 

Je te signale que c'était écrit, ça ! Parfaitement !

 

 

 

GERALDINE

 

 

 

Et nous avons encore tellement de texte à dire !

 

 

 

(Elle lui fait signe en moulinant du poignet qu'il faut enchaîner)

 

 

 

SAMANTHA

 

 

 

Encore tellement de texte à dire… Tellement de texte… Euhhhhh … Mais de quel texte parles-tu  ?

 

 

 

(En proie au trou noir)

 

 

 

… Coucou la régie, là-haut, qu’est-ce que tu attends pour me souffler ! Tu ne vois pas que j’ai un trou ? Je vais finir par la réclamer cette fameuse oreillette,  moi aussi !

 

 

 

(S’adressant au public)

 

 

 

Vous savez ? Cette minuscule et magnifique invention qui permet aux acteurs les plus lobotomisés de déclamer sans l'ombre d'un seul trou ?! Croyez-moi, des acteurs amnésiques, ça existe à foison… depuis l'invention de l'oreillette ! Quoi ? Quoi ? Qu'est-ce que vous marmonnez dans les rangs ? Que ce n'est pas à la régie de souffler ? Ah Ah ! C'est ce que vous croyez ? Mais les choses ont bien changé, avec la crise,  n'est-ce-pas ? Restriction de budget, le souffleur est passé à la trappe ! Couic !

 

 

 

 (La régie envoie des applaudissements enregistrés, elle lève la tête vers la régie et tend son pouce en l'air pour signifier son appréciation)…

 

D'autres extraits sur demande.

à Lizabardin  (@)  live.fr