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" Créé en même temps que le Cid, au Festival d'Avignon de 1951, "Le Prince de Hombourg" permit à Gérard Philipe de montrer un autre aspect de son tempérament.

On connait le sujet du drame de KLEIST : le problème de l'obéissance absolue aux ordres reçus en dépit de toute interprétation personnelle, quand bien même la désobéissance serait assurée du succès.

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"Le Prince de Hombourg", déclarait Gérard, était devenu sous Hitler un dithyrambe exaltant la patrie. Et l'on peut donner tant de sens au mot patrie, n'est-ce pas ? En déplaçant l'accent, en modifiant la perspective, on peut faire beaucoup. Il y a dans le Prince de Hombourg une réplique qui illustre bien ce que Jean Vilar et moi-même recherchons dans la mise en scène... Elle est connue... "Il faut faire attention à ce que l'arbre ne cache pas la forêt..." C'est le sentiment général qui guide Vilar plus que les détails...

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C'est aussi le sentiment de se trouver devant un chef-d'oeuvre qui fait que le T.N.P. joue une pièce plutôt qu'une autre. Le thème et l'anecdote importent moins... Ainsi dans "Le Prince de Hombourg", il y a un revirement à la fin qui représente une concession de l'auteur à son époque. On sent bien qu'il n'a pas été agréable à KLEIST de faire grâcier le prince, lequel avait gagné la bataille contre les ordres... Mais qu'importe ! A deuxième vue, son héros plus sentimental que raisonnable est follement attachant. C'est un être qui vit et rêve comme l'on peut vivre et rêver sur cette terre".

Extrait tiré de "Gérard Philipe" Souvenirs et témoignages recueillis par Anne Philipe et présentés par Claude Roy.

Gallimard NFR 1960

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